Quelques Textes...
(© Stef Bouchon)

Sierra Nevada

Des galets brûlants
Des sommets de glaces
Des épais torrents
Que rien ne menace
Le blanc de l’écume
Le rouge de la pierre qui fume
Usée par le vent
Pinceau du firmament

Sierra Nevada
Je marche sur toi
Une tâche sur la toile
Que mon ombre me dévoile
La sueur brûle mon dos
J’suis mal dans ta peau
Sierra Nevada
J’ai froid

Instrumental


Galets brûlants
Sommets de glaces
Epais torrents
Que rien ne menace
Le blanc de l’écume
Le rouge de la pierre qui fume
Usée par les vents
Pinceaux du firmament

Sierra Nevada
Pardonne à mes pas
Je te laisse à ta toile
Mon ombre lui fait mal
Reprends tes pinceaux
Je sors du tableau
Sierra Nevada
J’ai froid

L'indienne (haut)

Les flèches de coudrier, les vaches autour de la maison
Dans le vieux marronnier, deux apaches traquaient les bisons
Les apaches ont grandi, effacé les peintures de guerre
Le temps n'a pas trahi, a changé les amis en frères

Quand t'as croisé ses yeux, les miens je crois n'ont rien montré
L'ébène de ses cheveux, le vent dans les reflets bleutés
Puis sa main dans la tienne, la flèche a déchiré mes veines
Les jours effacent la peine mais pas le visage des indiennes

Ref Ton indienne a les yeux si clairs, on y voit le fond des rivières
Ton indienne a les yeux trop clairs quand j'ai besoin de lumière
Ton indienne a le sang trop chaud, elle a le vent tatoué sur la peau
Malgré nous, malgré toi mon frère, j' déterre la hache de guerre


La cour de la récré, les batailles dans le vieux préau
Les westerns au ciné, les filles pas vraiment des cadeaux
Et toi t'en souviens-tu comme on escaladait les barrières
Toi le chef de tribu, moi le p'tit sioux qui courait derrière

Un soir à la rivière, j'ai trouvé ses bracelets nacrés
Le noir de ses paupières avait sali ses joues cuivrées
Quand t'as dénoué ses tresses, le sang s'est glacé dans mes veines
On oublie sa détresse mais pas le visage des indiennes

Refrain


Les tambours ont tonné....

Les tambours ont tonné quand l'ange s'est découvert des ailes
Les tambours ont tonné, les comanches aussi sont infidèles
J' n'ai pas vraiment lutté, je sais bien quand ça n'est plus la peine
On peut tout sacrifier mais pas le visage des indiennes

Refrain

Le temps des cerfs volants (haut)

Cinq ou six grains de sable prisonniers des orteils
Le frottement des sandales sur les coups de soleil
Et les ronces accrochées aux dérailleurs des vélos
Le sel recristallisé dans les coutures des maillots

Au camping des goélands, la longue sieste obligatoire
Au son des cris des plus grands tombés des balançoires
Tu voulais jouer au docteur, j' préférais la bicyclette
Maintenant je sais mon erreur, crois bien que j' la regrette



Refrain :
Comme ils viennent à nous manquer les malheurs de notre enfance
Enroulés par les marées de nos étés d'insouciance
Se retrouver pour une heure au temps des goélands
Quand s'envolaient nos douleurs comme autant de cerfs volants


Les brisures de coquillage jetées aux cormorans
Qui nous reviennent au visage rapportées par le vent
Les crèmes de vanille glacée qui coulent sur nos doigts salés
Et nos aînés qui chamboulent les châteaux d'un été

Ta poupée sur le sable qu'emporte la marée
Mon vieux canot gonflable déchiré sur les rochers
Tu voulais montrer tes seins derrière le vieux paravent
J' suis resté faire des dessins, je m' demande encore comment

Refrain

Les désagréments d'hier font bien sourire aujourd'hui
Le temps a fait son affaire de nos premiers ennuis
Alors pourquoi ne pas rire de nos tourments présents
Et les changer en souvenirs qu'emportent les cerfs volants

Refrain

Mosquito Reggae (haut)

Partis pour une autre terre
Une terre moins terre à terre
Malades sur le bateau
La mer est bien amère
Et le soleil trop chaud

Exotique et mystique
La Jamaïque, c'est magique
Wailers et Bob Marley
J'suis bouffé par les moustiques
Et j'en ai marre du reggae

Refrain :
C'est le reggae des moustiques
Qui nous ont ruiné nos vacances à la Jamaïque
J'en ai ma claque des moustiques
C'est tellement con, quand on y pense et puis ça pique

Et toute la nuit, ça chante (reggae)
Un moustique en vacances, ça n'a jamais sommeil
Ca tourne en rond dans la tente
Ca raconte ses vacances et ça ronronne dans les oreilles


Amère la grande aventure
L'aventure caricature
Bidonvilles et ghettos
Coups d' soleil et courbatures
J'ai mal à mon sac à dos

Pas de musique touristique
Authentique est la rythmique
Kingston et ses studios
Mais c'est l' reggae des moustiques
Qui passe à la radio


Refrain


Partis pour une autre terre
Une terre moins terre à terre
Malades sur le bateau
La mer est bien amère
Et le soleil trop chaud

Pas de musique touristique
Authentique est la rythmique
Kingston et ses studios
Mais c'est l' reggae des moustiques
Qui passe à la radio

Refrain

Mosquito Reggae...

Prête-moi tes lunettes (haut)

Toi t'entends des rivières couler des caniveaux
T'imagines des lumières derrière tous les rideaux
Quand viendra le désert
Quand vraiment 'y'aura plus d'eau
Tu danseras dans la poussière, ton chameau sur les dos

Tu t'étonnes des nouvelles, tu t'amuses des journaux
Ta journée fut bien belle, j'n'ai pas vu qu'il faisait beau
Toi t'as vu des aquarelles
Moi des peintures à l'eau
Quand on t'enlèvera l'échelle, tu tiendras par le pinceau


Refrain :

Prête-moi tes lunettes
Celles qui font les yeux joyeux
J'y verrai sans doute pas plus net
Mais tant mieux

Prête-moi tes lunettes
Toi qui dis que la planète est bleue
J'aimerais percevoir le monde par tes yeux

T'entends des mélodies dans les grondements d'un avion
Dans les traînées derrière lui, tu lis les partitions
Peut-être je démystifie
Je manque d'imagination
Pour moi ces fumées blanchies sont des gaz de combustion

Tu cherches ton paradis comme on cherche l'inspiration
Croire en mieux comme tu dis, c'est ton unique religion
Faut-il que l'on t'envie
Autant d'imagination
Que tu dessines chez mon psy comme tu vois les papillons

Refrain

Toi t'entends des rivières couler des caniveaux
T'imagines des lumières derrière tous les rideaux
Quand viendra la poussière
Couvrir les idéaux
J'échangerais bien mes œillères contre tes drôles de carreaux


Refrain

Les jardins japonais (haut)

Vois ces jardins japonais où tout est figé
Même le silence
Ou des geishas trop fardées sous leurs ombrelles de papier
Protègent des yeux de faïence

Je ne veux pas d'un chemin ombragé d'arbres nains
Pas d'un jardin en bouteille à tous les autres pareils
Je ne veux pas d'un sentier dont on a peint les graviers


Vois ces jardins japonais, leurs arbres sculptés
Comme des pierres
Vois ces ajoncs immobiles sur le bleu bien trop bleuté
D'une improbable rivière

Je ne veux pas d'un chemin ombragé d'arbres nains
Pas d'un jardin miniature à l'écart des écorchures
Je préfère griffer mes pieds à traverser les ronciers


Ref : Je ne veux pas d'un jardin japonais
De l'enclos aseptisé d'une vie miniature
Je préfère me perdre dans les futaies
Je préfère les ronciers, je préfère leurs griffures


Vois ces jardins japonais disputer à nos télés
Tant d'insignifiance
Quelques centimètres carrés d'un monde sans aspérités
Comme pour expier nos errances

Je ne veux pas d'un chemin ombragé d'arbres nains
Pas d'un jardin en bouteille à tous les autres pareils
Je n'ai que faire d'une allée pour me dire où marcher

Ref

Vois ces jardins japonais, ces fragments d'éternité
Prisonniers du verre
Quotidiennement irrigués de nos eaux javellisées
Comme pour en laver la terre

Je ne veux pas d'un chemin ombragé d'arbres nains
Pas d'une vie miniature sans flamme ni brûlure
Je préfère griffer mes pieds à traverser les ronciers

Ref

La laisse (haut)

Deux mètres de chaîne de métal
Enchaînent l'animal au maître
Ou bien le maître à l'animal
Etrange le lien qui lie les êtres

Ce lien d'acier, toi l'animal
Crois-tu qu'il fait de moi le maître
Quand on s'assied au tribunal
Où tu m'invites à comparaître

Ref : Lequel de nous tient la laisse
De quel côté du collier
Crois-tu, toi, qu'est la sagesse
De quel côté de la laisse

Si un jour tu me délaisses
Lassé de mon amitié
Tu peux bien garder la laisse
Si un jour tu me délaisses
Faut-il un lien pour nous lier

Tu m'observes compliquer ma vie
Tisser d'invisibles entraves
Et tu t'étonnes de ces envies
Qui changent les maîtres en esclaves

Pardonne-moi, toi, l'animal
Lorsque tes yeux plongés dans les miens
N’y trouvent que le profond dédale
Du genre des soit-disant humains

Ref

Donner jusqu’à ton existence
Et renoncer à l'instinct de l'instant
Tout me confier de ta confiance
Tu sais, j'n'en demandais pas tant

Et ma pudeur pour muselière
J'aimerais pourtant te dire combien
T'éclaires le monde à ta manière… Merci pour tout, merci mon chien

Roissy (haut)

La file du milieu, la pluie sur le pare-brise
Les autres n’avancent pas mieux, que veux-tu que je te dise
Dans une heure un avion me l’envole
D’accord j’t’demande plus d’faire attention… (mais)… Fais bien attention

Elle téléphone à Joël, s’allume une cigarette
Ne nous laisse pas sans nouvelles, tu sais comme ta mère s’inquiète
Dix sept ans, elle s’éprend, elle s’envole
Tu sais moi aussi j’ai eu seize ans… Pourquoi tu rigoles ?

Premières lueurs de Roissy, elle a sorti son miroir
Mais oui t’es la plus jolie, si c’est c’que tu veux savoir
Elle balance les épaules, elle bougonne
Tu vois ça m’fait quand même un peu drôle… voir partir ma lionne

Silence à l’embarquement, elle détourne son visage
Ne nous laisse pas trop longtemps, tu as tant fait de bagages
Je l’ennuie, elle sourit, patiemment
J’espère qu’où tu vas quelqu’un t’attend… autant qu’on t’attend

La file du milieu, la pluie dans mes lunettes
Ton ange gardien se fait vieux, ce soir il prend sa retraite
On le sait, ils s’envolent, c’est normal
On leur apprend comment on décolle et on oublie combien ça fait mal

L’Irlandaise (haut)

Une terre de lumière, de colère et de vent
Qui maquille de vert les morsures de l’océan
Travestie de légendes, chavirée de violons
Une île au goût de cendres, de tourbe et de charbon

On s’y partage un dieu d’amour et de lumière
Qui embrase les banlieues et remplit les cimetières
Les tourbières de la lande irriguées du sang frais
Des viscères en guirlandes des soldats anglais

Instrum.


Déchirés de contrastes, de combats en prières
Les faubourgs de Belfast, leurs gigues incendiaires
Illuminent les yeux clairs et les tâches de douceur
Des révolutionnaires et des futurs chômeurs

On y croit en un dieu qui fait de nous des frères
A part peut-être ceux du nord de la rivière
On y raille l’infortune d’un royaume décadent
Mais la bière est si brune qu’on voit l’avenir dedans

Instrum.


Aussi belle soit Sharon, souviens-toi qu’elle préfère
Mourir sur le Shannon que de vivre en Angleterre
Souviens-toi que les âmes d’ici sont immortelles
Que le repos des armes n’a rien d’éternel

Un prénom sur mon cartable (haut)

Le crime est presque parfait, les corps inanimés
Comme dans un conte défait, deux amants décimés
Décimés par l’impensable
Mouvant du sablier
Anneaux d’argent, noces de sable
Rien d’indispensable

Bien embusquée dans nos murs, l’érosion sentimentale
Bâillonne nos murmures dans le silence qui s’installe
Une fin inéluctable
Rien à regretter
Pas de bilan sur la table
Rien de regrettable

On gardait les mains dans nos poches
On rougissait à nos murmures
Et le soir quand sonnait la cloche
On s’effleurait du bout des yeux
Tétanisés dans nos armures
Transis d’impossibles aveux

Redonnez-moi le frisson d’un émoi un peu frivole
Deux pâleurs à l’unisson sous un préau d’école
Un prénom sur mon cartable
Pour tout raconter
Un prénom sur mon cartable
Rien d’inracontable

On gardait les mains dans nos poches
On rougissait à nos murmures
Et le soir quand sonnait la cloche
On s’effleurait du bout des yeux
Tétanisés dans nos armures
Transis d’impossibles aveux

Météo marine (haut)

Hebrides, Cromarty, on embarque, on est parti
Viking, Utsire, J’voulais pas venir
Dogger, Fisher, mon coeur, j’ai mal au cœur
Forth, Forties, force sept après la brise

Arrête la météo marine
Le gros temps, vois-tu, je le devine
Et remets tes hauts, Marine
Tes arguments tombent à l’eau
Quand la mer se fait chafouine


Humber, Tamise, comment sécher ma chemise
Ouessant, Pazenn, tu sais, j’peux l’enlever moi-même
Iroise, Malin, écopons plutôt la cabine
Calais, Cantabrico, allez rends-moi mon maillot

Arrête la météo marine
Le gros temps, vois-tu, je le devine
Et remets tes hauts, Marine
Tes arguments tombent à l’eau
Quand la mer se fait chafouine


Elbe, Maddalena, Méditerranée, nous voilà
Provence, Ligure, plus d’embruns plein la figure
Minorque, Sardaigne, y’a vraiment des jours où tout baigne
Baléares, Cabrera, relis-moi l’Kamasoutra

Arrête la météo marine
Le beau temps, vois-tu, je le devine
Tu devrais ôter tes hauts, Marine
Lâcher la barre du bateau
Quand la mer se fait câline

(Parlé : Tiens, ils parlent de ta mère à la radio
Forte à très forte, grossissant encore dans la soirée
Agitée à très agitée, en cours dépressionnaire
Ils sont trop bien documentés à France Inter)

J’attends mon tour (haut)

Printemps soixante seize
Lycée Sadi Carnot
Première douche écossaise
Tu danses avec Arnaud

Et j’attends autour, j’attends autour

Eté quatre vingt-deux
Nos vacances à Lâché
Pas un instant pour nous deux
Laurence ‘nous a pas lâchés

Et j’attends toujours, j’attends toujours

Que tournent les aiguilles de l’horloge du quartier
Que balance le vieux balancier

Saint Valentin, contrarié
On l’serait à moins
Je t’demande si tu veux te marier
Et tu me choisis comme témoin

Et j’attends l’amour, j’attends l’amour

Hiver quatre vingt douze
Tu t’sépares de Benoît
Tu dors avec tout ce qui blue’s
Mais toujours pas avec moi

Et j’attends mon tour, j’attends mon tour

Et que tournent les aiguilles de l’horloge du quartier
Que balance le vieux balancier


Et puis vint la trentaine
Tes envies de maternité
Paternité incertaine
Moi parrain, ça m’a flatté

Et j’attends l’amour, j’attends l’amour

Fidèle à ta confiance
A ton troisième mariage
J’ai apporté les alliances
Un peu comme en pèlerinage

J’attendais mon tour, j’attendais mon tour

Et que tournent les aiguilles de l’horloge du quartier
Que balance le vieux balancier

Maintenant, j’te préviens Lola
J’suis pas gérontophile
Si à minuit t’es pas là
J’refais ma vie, je file

J’attendrai Cécile, j’attendrai Cécile

Tournent les aiguilles de l’horloge du quartier
Balance le vieux balancier

Et coule le sable dans le sablier
Coule coule coule, cool cool cool

Les remparts de Saint Malo (haut)


A l’heure de se jeter à l’eau, dans la tiédeur du bord de mer
La lune fait le vent indulgent
Sur les remparts de Saint Malo, ça a marché avec ta mère
Et ça, crois-moi, c’est plutôt encourageant


Si elle te fait l’effet d’un aimant
Si elle te fait un effet dément


Emmène-la un soir où la lune repeint l’eau
Emmène-la sur les remparts de Saint Malo
Je ‘sais pas si c’est le vent de terre
Les sanglots des mâts des bateaux
Le son rugueux de l’Angleterre
Emmène-la à Saint Malo


Si vraiment tu n’en mènes pas large, pose une main sur son épaule
T’as vu, t’as un brin sur ta veste
Fais une prière au vent du large, après j’ai oublié, c’est drôle
Mais là, crois-moi, les embruns feront le reste


Si elle te fait l’effet d’un aimant
Si elle te fait un effet dément


Emmène-la un soir où la lune repeint l’eau
Emmène-la sur les remparts de Saint Malo
Laisse faire les fantômes des corsaires
Le sang chaud des bars à matelots
Le souffle amer des Telecasters
Emmène-la à Saint Malo

Le square des peupliers (haut)


Au square des peupliers
Assis près de la fontaine
Je regardais les voiliers
J’attendais que tu viennes
Mais c’est l’hiver qu’est venu
Dans l’ sillage des voiliers
Les gosses ont disparu
La fontaine est figée


Passent les jours, les saisons, j’attendrai sur mon banc
Comme le dernier des cons, comme quelqu’un qui t’attend


Et je regarde les passants
Ils regardent mon banc
Et le temps s’accélère
Et depuis plus de cent ans
Au milieu de ces gens
Je suis une statue de pierre


Au square des peupliers
Des couples se promènent
Du bassin des voiliers
Monte le chant des sirènes
Mais sur le banc d’en face
Un homme aux yeux mouillés
Regarde les gens qui passent
En serrant des fleurs fanées


Vienne le temps des moissons, soufflent les vents de l’automne
Sur le premier frisson d’un être qu’on abandonne


Et qui regarde les enfants
Jouer autour de son banc
Avec des soldats de fer
Moi depuis plus de cent ans
Au milieu de ces gens
Je suis une statue de pierre


Instrumental


Au square des hommes de glace
Comme on l’appelle aujourd’hui
Avec la statue d’en face
On s’amuse à faire du bruit
Les gens parlent de fantômes
Ils n’osent même plus s’ balader
Nous on rigole comme des mômes
Et le square est bien gardé


J’ai écrit une chanson et dans le square tous les soirs
A mon nouveau compagnon je raconte mon histoire


L’histoire d’un type sur un banc
Qui regarde les passants
Que plus rien ne désespère
Car depuis plus de cent ans
Au milieu de ces gens
Je suis une statue de pierre


A l’abri du vent (haut)


Asséchées par la bourrasque
Les larmes coulant sous le masque
Utopies de nos vingt ans
Qu’emporte le vent d’Otan


Démolis par la tornade
Nos cœurs partis en ballade
Reviennent déchirés au port
Givrés par le vent du nord


Mais à l’abri du vent
Si un banc rue des fleurs nous assied côte à côte
Si le genou de l’un effleure la main de l’autre
Même si chacun reprend
Son chemin droit devant
A l’abri du vent
Rien ne sera plus jamais comme avant
A l’abri du vent


Dissémine la tempête
Les rêves enfouis dans nos têtes
Le souffle des courtisanes
Qu’emporte la Tramontane


Dispersés par le mistral
Partis salir les étoiles
Les accords de nos pianos
Qu’emporte le Sirocco


Mais à l’abri du vent…

Le cours de toi et moi (haut)


Pourrais-tu dire aux actionnaires
Si tu as le temps, rien qu’une fois
Que j’aimerais tant revoir la mer
Que je t’attends
Dis-leur pour moi
Si le Dow Jones n’est pas trop bas
Vole un dimanche entre dunes et bruyères
Une revanche sur le cours de toi et moi


Comment le dire aux actionnaires
Entre deux jets, Valium et vodka
De tours de terre en tours de verre
New York, LA
Je ne sais pas
Où le dollar t’enlève à moi
Si nous lancions une bouteille à la mer
Une OPA sur le cours de toi et moi


Instrumental


Pourrais-tu dire aux actionnaires
Si tu as le temps, rien qu’une fois
Que je t’attends au bord de mer
Je prends mon temps
Dis-leur pour moi
Si le Dow Jones n’est pas trop bas
Avant l’hiver j’organise un séminaire
Un séminaire sur le cours de toi et moi

Les âmes jumelles (haut)


Echangent les âmes jumelles / Un coucher de soleil
Contre un levé de lune
Pour ne pas tomber dans le tunnel
Ne pas sombrer dans le sommeil
De la fosse commune


S’écorchent les âmes jumelles / Des lambeaux de tendresse
A coups de canne blanche
Dans leurs cœurs donjons de citadelles
Dorment des démons de maladresse
Et des chiens d’avalanche


S’embrasent les âmes jumelles / D’une flamme rebelle
Trop d’utopies plein la tête
Mais sous le feu croisé des sentinelles
Elles s’effondrent comme des tours de Babel
Lacérées par la tempête


S’enlacent les âmes jumelles / De savoir se comprendre
Et se comprennent trop vite
Si un matin leurs sentiments s’emmêlent
Elles savent déjà qu’elles ne sauront se surprendre
Alors le soir elles se quittent


Echangent les âmes jumelles / Un coucher de soleil
Contre un levé de lune
Pour ne pas tomber dans le tunnel
Ne pas sombrer dans le sommeil
De la fosse commune

Pégase (haut)


Il a mis ses lunettes, il caresse la pierre
Effleure de ses vieux doigts l'arête minérale
Il recherche une fêlure, un souffle millénaire
Une âme emprisonnée dans la roche ancestrale


Les lames de métal viennent entailler la pierre
On y devine soudain les yeux d'un animal
Quand surgissent les naseaux, le torse, la crinière
La roche nourricière enfante d'un cheval


Mais qui lui a dit pour le cheval
Sait-il ce qui vit dans les pierres
Et se peut-il qu'un autre animal
Dorme à nos pieds dans la poussière


L'Excalibur d'acier trace une ultime nervure
L'écume blanchit alors les crins ébouriffés
De ce cheval de Troie à la fière encolure
Dont le souffle animal investit l'atelier


Instrumental


Mais qui lui a dit pour le cheval
Sait-il ce qui vit dans les pierres
Et se peut-il qu'un autre animal
Dorme à nos pieds dans la poussière


Otant son tablier, il s'adresse au chef-d'œuvre
Que n'ai-je le pouvoir de sculpter les humains
Ces visages disgracieux au regard de couleuvre
En faire des Apollons façonnés par mes mains


Tu m'as fait fier pur-sang, toi le maître tailleur
Mais sais-tu qu'hier encore j'étais prince du ciel
Et que là d'où je viens le talent est ailleurs
Les dieux m'ont fait Pégase mais tu m'as coupé les ailes


Et quand tu rêves de sculpter les hommes
Songe aux anges qui dorment dans les pierres
Pense à Pégase et souviens-toi comme
Il pleure ses ailes dans la poussière

L'indienne (haut)


Les flèches de coudrier, les vaches autour de la maison
Dans le vieux marronnier, deux apaches traquaient les bisons
Les apaches ont grandi, effacé les peintures de guerre
Le temps n'a pas trahi, a changé les amis en frères


Quand t'as croisé ses yeux, les miens je crois n'ont rien montré
L'ébène de ses cheveux, le vent dans les reflets bleutés
Puis sa main dans la tienne, la flèche a déchiré mes veines
Les jours effacent la peine mais pas le visage des indiennes


Ref Ton indienne a les yeux si clairs, on y voit le fond des rivières
Ton indienne a les yeux trop clairs quand j'ai besoin de lumière
Ton indienne a le sang trop chaud, elle a le vent tatoué sur la peau
Malgré nous, malgré toi mon frère, j' déterre la hache de guerre


La cour de la récré, les batailles dans le vieux préau
Les westerns au ciné, les filles pas vraiment des cadeaux
Et toi t'en souviens-tu comme on escaladait les barrières
Toi le chef de tribu, moi le p'tit sioux qui courait derrière


Un soir à la rivière, j'ai trouvé ses bracelets nacrés
Le noir de ses paupières avait sali ses joues cuivrées
Quand t'as dénoué ses tresses, le sang s'est glacé dans mes veines
On oublie sa détresse mais pas le visage des indiennes


Ref

Instrumental


Les tambours ont tonné....


Les tambours ont tonné quand l'ange s'est découvert des ailes
Les tambours ont tonné, les Comanches aussi sont infidèles
J' n'ai pas vraiment lutté, je sais bien quand ça n'est plus la peine
On peut tout sacrifier mais pas le visage des indiennes


Ref

Mosquito Reggae (haut)


Partis pour une autre terre
Une terre moins terre à terre
Malades sur le bateau
La mer est bien amère
Et le soleil trop chaud


Exotique et mystique
La Jamaïque, c'est magique
Wailers et Bob Marley
J'suis bouffé par les moustiques
Et j'en ai marre du reggae


Ref C'est le reggae des moustiques
Qui nous ont ruiné nos vacances à la Jamaïque
J'en ai ma claque des moustiques
C'est tellement con, quand on y pense et puis ça pique


Et toute la nuit, ça chante (reggae)
Un moustique en vacances, ça n'a jamais sommeil
Ca tourne en rond dans la tente
Ca raconte ses vacances et ça ronronne dans les oreilles


Amère la grande aventure
L'aventure caricature
Bidonvilles et ghettos
Coups d' soleil et courbatures
J'ai mal à mon sac à dos


Pas de musique touristique
Authentique est la rythmique
Kingston et ses studios
Mais c'est l' reggae des moustiques
Qui passe à la radio


Ref


Instrumental


Partis pour une autre terre
Une terre moins terre à terre
Malades sur le bateau
La mer est bien amère
Et le soleil trop chaud


Ref


Mosquito Reggae….

Le chant des loups (Livre de la jungle) (haut)


Voile de brume sur le village, couché contre une fille des hommes
Deux étoiles me dévisagent, elles me regardent un peu comme
Un enfant fou de la forêt et du vent, je le sais bien
Comme le fils d’un loup et souvent je me souviens


Le souffle chaud des louves, quand elles sont venues me chercher
Un berceau que l’on découvre, les pleurs d’un enfant nu sur le rocher
Les jeux souvent violents de mes frères sans manières
Et puis l’odeur du sang aux murs de la tanière


Quand vient la nuit, le chant des loups me rappelle
Que sous la pluie la lune est encore plus belle
La jungle est si dure, elle renie son enfant
J’ai soigné mes blessures, ici au moins on m’attend
On m’attend…


Ici le feu est partout, mes frères humains l’ont apprivoisé
Pour éloigner mes frères loups de la tiédeur de leurs foyers
Mais il réchauffe les os engourdis de tristesse
Illumine la peau d’un étrange caresse


Quand vient la nuit, le chant des loups me rappelle
Que sous la pluie la lune est infidèle
La jungle est si dure, elle renie son enfant
J’ai soigné mes blessures et c’est ici qu’on m’attend
On m’attend…